Bon, d’accord, on n’avait dit qu’après Mont de Marsan, on arrêtait Les Clache. Mais quand Yannck, le boss du Betizfest, nous a proposé de revenir pousser la chansonnette en english dans son festival cambraisien, on n’a pas pu refuser. On a donc continué à maintenir le set clashien à flot, tout en bossant des nouveaux morceaux pour un nouvel album, ce qui reste notre objectif de l’année.
Pour l’occasion, on a même fait une petite répét’ la veille, histoire d’être fin prêt. Bon, après la répèt’, la section rythmique a décidé de poursuivre l’entraînement pour l’after de cette soirée nordiste à grands coups de Pastis aux plantes. Leur programme avait l’air un peu présomptueux, vue la tronche de Yann le lendemain midi.
On s’était filé rencard chez Jean-Paul, notre sonoman de l’extrême, option Hall de gare, car on avait constaté l’année dernière que pour réussir à faire sonner du punk-rock dans le Palais des Grottes, il fallait du costaud. Comme de bien entendu, la traversée de Paris, sans valise de marché noir mais avec un périph’ bouchonné comme un vieux Bordeaux, fût relou à souhait. Malgré plein de bonne volonté et une impatience de pucelle en armure (Jeanne d’Arc, si tu nous lis, on te salue), on n’a pas réussi à arriver à Cambrai avant le début des concerts. On a donc juste le temps d’embrasser les copains et de filer voir la fin du set de Mononc’ Serge, tout seul avec sa gouaille québécoise, sa gratte sèche, quelques samples et des bières. Excellent.
Andréas et Nicolas prennent la suite sur la grande scène. Je ne m’étendrais pas sur le sujet car j’aurais peur d’égratigner ma légendaire objectivité compte-renduesque. J’étais déjà fan du groupe avant de les voir, maintenant c’est encore pire. C’est drôle, c’est con, c’est drôlement con et connement drôle. That’s my fuckin’ cup of tea, comme aurait dit Joe Strummer. Ça tient autant du théâtre que du concert. Les nouveaux morceaux du futur album à venir sont aussi bons que les anciens : Super salope, Putain, putain, j’en passe et des meilleurs (ça, c’est une expression toute faite, pas un titre de chanson). C’est énorme et j’adore.
Burning Lady a enchaîné sur la petite scène. Ça bouge, ça vit, ça gueule. Efficace pour ce que j’en ai vu, car on a dû s’occuper de décharger et préparer le matos pendant leur set et ensuite tout installer et balancer pendant que Los Tres Puntos faisait danser les foules nordistes.
A peine le temps de retrouver avec un plaisir non-dissimulé Paul Péchenard et Till GxP et de papoter un peu, qu’il faut y aller. Quelques têtes connues, une poignée de tee shirts de circonstance, 2-3 blagues de bon goût et on balance nos clasheries qui passent plutôt pas mal. En tout cas, nous, on est content d’être là et apparemment, on n’est pas les seuls.
Guerilla Poubelle
La Palais des grottes est bien rempli (environ 1 000 personnes) pour Lofofora qui envoie du lourd. Pendant ce temps, nous aussi on s’envoie du lourd : lasagnes ou hachis parmentier, fromage à pâte dure et farandole de desserts. De quoi prendre des forces pour le set de Guerilla Poubelle. C’est la première date de la tournée, donc ils sont en pleine forme et ça déboite. Le public est amassé devant la petite scène et il aime ça. Les morceaux du nouvel album fraîchement sorti sont redoutablement efficaces, surtout quand ça suinte Les Cadavres (Carcassonne) et évidemment, ça explose à la fin avec les tubes imparables. Le nouveau bassiste assure bien et Paul déchire tout à la batterie, comme il se doit. Un putain de groupe de punk-rock. Maximum respect et gros bisous.
Pour finir la soirée, point de set electro comme l’année dernière, mais Scottland, un tribute band d’ACDC avec des locaux qui tripotent bien le manche. Le chanteur assure bien. C’est bien fait et surtout dans un bon esprit. Pas de déguisement d’écolier, ni de veste en jean sans manche (bon, on n’évoquera pas la faute de goût des baskets blanches à scratch) mais de la bonne humeur à revendre. Un bon groupe du Nord, quoi. Ils ont même appelé tous les groupes et organisateurs à les rejoindre sur scène pour un Highway to hell final de toute beauté.
Après ça, on a poursuivi la belle vie des rockers en festival en papotant avec des tonnes de gens sympas en backstage, tout en se baffrant d’éclairs au café, de Pils fraîche et de Jack Daniels, pour les moins conducteurs. Vers 4 du mat’, on est allé faire la même chose au gîte et une fois de plus, on a placé un joueur dans tiercé gagnant. Cette année, c’est Lolux, ex-aequo avec le chanteur des Puntos (ou des Punti, on ne sait toujours pas).
Le lendemain midi, petit dèj’ à base de café, tronches plus en moins en vrac, brioche-confiture, jus d’ananas, discussions rigolotes, Doliprane et bêtises de Cambrai avec les team Puntos et Andreas et Nicolas. On arrive quand même à s’arracher pour retourner s’enfermer pendant une paire d’heures dans la chaleur nauséabonde du camion tout en réfléchissant à ce qu’on pourrait bien inventer pour revenir au Betizfest l’année prochaine, tout en écoutant 14 fois de suite l’excellent album des Dicemen : A thing called rock n’ roll. De circonstance.
Mauvaise sortie d'autoroute, sauvés par un GPS libertin
Les Clache se chauffent (pas facile à dire, ça)
Guerilla Poubelle au loin
Highway to hell, vu de la scène
Till, GxP, c'est le seul mec au réveil qui a les yeux nets et le reste flou. Les autres, c'est le contraire.
Rien de tel que de passer 2 heures dans les embouteillages banlieusards un jeudi soir après le boulot pour se rappeler pourquoi on est content d’être provincial. En plus de ne pas être obligé de supporter le PSG, évidemment. Mais, vous me direz : pourquoi nous parle-t-il de foot alors qu’on connaît tous son dédain pour toute activité sportive plus fatigante que la pétanque et la belote (réunies) ? C’est simple. C’est parce qu’après les embouteillages, les quais de la Seine sans la plage, les 2 tours de la Bastoche, les 3 allers-retours sur l’avenue Daumesnil et les4 Kmà pied en portant les grattes, quand on est enfin arrivé aux Combustibles, on a retrouvé nos potes Bruno et Jean-Cul Lopez. Et eux, le foot, ils aiment ça. C’est tout.
Mais on a à peine le temps de saluer nos potos essonites et les fiers activistes dela Guerilla Crew, l’ami Till en tête, qu’on apprend que l’ordre de passage est chamboulé car le 2ème groupe est toujours embouteillé. On doit donc jouer dans 20 minutes. Qu’à cela ne tienne, on boit une mousse et on y va, qu’on s’est dit. Après tout, on vient d’enchainer une poignée de concerts, on est bien rôdé, on va y aller, on va se brancher et on va tout arracher. Enfin, ça, c’est ce qu’on croyait. Parce qu’en fait, la méthode américaine qui consiste à arriver sur scène sans balance, sans avoir pris se marques sur scène, se brancher sur un matos qu’on ne connaît pas et jouer pendant 30 minutes, le tout à Paname un jeudi soir à 20 H 30 … et ben c’est pas facile.
On a voulu faire les branleurs comme l’autre jour à Caen en attaquant avec Moi, demain, mais ça l’a pas fait pareil. Bref, on n’était pas très à l’aise dans ce concert et on a fait quelques merdouilles. Heureusement, Bruno Lopez est venu nous prêter main … enfin … voix forte sur Camarade et Wack n’ woll. Tout ça a été filmé et il y a avait quelques photographes avec du beau matos, donc, on devrait trouver quelques traces rapidement sur le web.
Bruno Lopez et Yann Bop avant la transformation
Ensuite, on a laissé la place aux Lisa a peur qui avaient enfin réussi à arriver. De mon côté, après avoir repris mon souffle et engouffrer 2 casse-dalles, je suis retourné dans la salle constater que je ferais le pilote du Vito du retour, vu que mes collègues étaient hilares au bar en train de s’enfiler des rhums-kérozène àla chaine. Jen’ai pas trop vu les autres groupes car j’ai causé avec plein de gens.
J’ai juste vu le concert de Jetsex : un joyeux bordel sur scène et dans la salle avec slam et pogo.
A la fin de la soirée, Yann s’est transformé en Gérard Lambert et a eu quelques gestes et paroles qui ont dépassé le cadre de la bienséance judéo-chrétienne à laquelle il nous a pourtant habitué. Mais fort heureusement, tout est rentré dans l’ordre après quelques vomissements et une courte nuit de sommeil.
Gérard Lambert & friends : "J'en ai rien à branler"
On a quitté les potos parigots en leur souhaitant bon courage pour la suite de l’aventure This is my fest, car ce n’était que le 1er des 3 jours du festival et on est rentré chez nous dans la nuit et le brouillard (un cocktail qui a fait ses preuves) en écoutant NOFX et en pensant à la journée de boulot du lendemain. Yeah ! Don’t call me white, baby !