Samedi 31 mai : Châlette sur Loing : Le Nautilus avec RNCS
Samedi, 17 H 30 du matin. Je retrouve Saïd des RNCS devant le stand de Madame Charles sur les Journées du Développement Durable. C’est beau la vie orléanaise ! J’y abandonne femme et enfants et on s’arrache avec Saïd vers les sunlights et les paillettes de notre 2ème vie, celle de musicien de rock n’ roll. Schizophrénie showbiznesque, quand tu nous tiens ! Mais non sans un détour par la pharmacie pour acheter des pastilles Euphon. On récupère Charles en route et on file chez Rem pour s’entasser dans le camion des RNCS avec tout le matos et 1 H 30 de retard, direction Chalette sur Loing, banlieue rouge de Montargis, sous-préfecture du Loiret et « Venise du Gâtinais » pour les intimes. Ceux qui connaissent Montargis et Venise peuvent rire … ou pleurer, au choix. Séquence nostalgie, c’est dans ce bled que j’ai passé ma jeunesse (je suis né à Juvisy mais j’ai grandi à Montargis ! C’est beau, on dirait une chanson) et qu’on a fait, avec Saïd RNCS, nos 1ères armes de punk rockers au sein du groupe Boris et les Pérestroïkids.
Sur place, on retrouve Yann qui, cette fois-ci, est arrivé à l’heure. Un partout, la balle au centre ! Le lieu, une brasserie sur une zone industrielle, vient de refaire sa déco façon chicos : mobilier moderne, éclairage tamisé, écrans plasma au dessus du bar et petites enceinte high tech. J’étais venu quelques semaines plus tôt voir les Lopez et c’est vrai que ça faisait plutôt pizzeria de 2nde zone. Maintenant, c’est plus clean et du coup, ça ne respire pas trop le punk rock. Le patron est sympa, mais malheureusement, on a affaire au serveur/sonoman qui se la joue d’entrée « je veux parler au responsable + je sais tout sur tout + c’est moi qui régle le volume de vos amplis ». Mauvais départ, mais comme on est quand même sympas et bien élevés, on laisse couler et on attend la suite. Et comme il est tard et qu’il y a déjà des clients pour manger, on installe le
matos mais on ne fait pas de balance. Avantage de jouer dans une brasserie : on a droit à un vrai repas chaud et même un dessert. Pendant ce temps, le public commence à arriver, dont quelques têtes connues : Zéric Trauma en double galante compagnie, K’role de Montar et quelques jeunes (et moins jeunes) amis, le chanteur de Splatch et quelques vieux rockers locaux.
En tant que jeune formation, on choisit de commencer. On arrive à tomber d’accord avec le sonoman sur un volume sonore, mais son installation, qui a pour objectif d’amener un son de qualité aux clients qui sont à l’autre bout du resto et qui ne nous voient que sur les écrans plats a pour principale conséquence que le public qui est devant la scène … n’entend que la batterie ! Il faut dire qu’il a fait tous ses réglages au casque et qu’il n’est pas venu écouter le résultat devant la scène. La prochaine, fois, t’achèteras un DVD, ça te coûtera moins cher ! Comme disaient les Dare Dare Devil : This PA sucks ! Tout ça pour dire que le concert fût nettement moins punk rock que la veille ! La plupart de nos tentatives humoristico-racoleuses (et elles furent nombreuses et beaucoup trop longues au début) furent des échecs. Même le coup de téléphone à Bruno Lopez pour lui jouer Garagiste en direct n’a visiblement fait rire que Zéric et moi, et encore, Zéric l’a sûrement fait par gentillesse. Vers la fin, on a presque réussi à rentrer dans le concert et à enchaîner 2 ou 3 morceaux correctement. A noter cependant que pour la 1ère fois,
on a joué notre dernier morceau « Ton survêt’ ment » correctement du 1er coup. La veille, on était parti trop lentement, mais heureusement, Lolux a pété une baguette et on a pu le reprendre à un tempo digne de ce nom. On a bien essayé de faire croire au public qu’on l’avait fait exprès, mais personne ne nous a cru.
On a donc laisser la place, sans rechigner et sans être rappelé, à Rem et ses Courbarians, aka RNCS. Il y avait longtemps que je ne les avais pas vu et je peux dire que ça assure un max. C’est toujours un réel plaisir de voir Rem jouer de la batterie. Gui bouge et fait les chœurs et Saïd chante vraiment bien. En plus Zéric a apporté sa contribution à l’animation de la soirée en imitant à merveille le paraplégique et le mec bourré au rouge. Mais … ha … on me dit dans mon oreillette qu’une des 2 positions n’était pas une imitation, mais laquelle ???
Enfin, après tout ça, j’ai échangé des souvenirs de collège et de lycée avec plein de gens sympas et j’ai réussi de leur extorquer quelques zeuros en échange de badges, de disques et de tee shirts (enfin, surtout de badges en fait), pendant que les copains rangeaient le matos. Sur le chemin du retour, on a essayé d’empêcher Charles de roupiller en causant boulot et action syndicale avec Saïd pendant tout le voyage … mais on n’a pas réussi !

Ca y est, c’est parti. Avec seulement 2 répét’ dans les pattes et forcément un peu d’appréhension, on attaque les concerts à 4, sans Gob. Pour l’occas’, on a rappelé l’ami Tonio qui a réussi à nous incruster avec 2 groupes locaux dans son Resto Rock à Mouzay, petite bourgade de la campagne tourangelle qui s’éveille au chant du coq et s’endort aux cris du punk rock show. Même
Le 2ème groupe fait du punk à cuivres, avec un peu de ska dedans. Ca m’a rappelé Golpe de Estado. Ils n’ont malheureusement pas réussi à remuer le public très « vendredi soir » et dont un bon paquet est parti pendant leur set, à minuit, façon Cendrillon.
Concert exceptionnel ce samedi à Orléans et pas seulement à cause du retour tant attendu du soleil et de la chaleur, ni parce que c’était notre 1er concert au Metallic, dernier bastion local du rock bruyant, ni même parce qu’on partage l’affiche avec 2 groupes 100 % berrichon canal 36. Non, l’évènement est interne au groupe puisqu’il s’agit du dernier concert de Gob pour cause de retraite, les 41 … pardon 14 annuités étant atteintes. Pour la peine, on a révisé quelques vieilleries, mais n’allons pas plus vite que la musique (ça nous arrive suffisamment souvent sur scène) et reprenons les hcoses où nous les avions laissées, c’est-à-dire juste avant le début ! On déboule les uns après les autres comme prévu au rade entre 18 H 30 et 19 H. Les Vodka Mitch et Alkatraz Bakounine sont là depuis peu et ont préféré nous attendre pour décharger le matos et surtout l’emmener dans la cave, accessible périlleusement après environ 14 kilomètres de couloirs, escaliers et autres pièges médiévaux. Notre réputation de sportifs de haut niveau nous a précédé alors on s’y colle, en pensant avec désespoir qu’après le concert, il faudra tout refaire dans l’autre sens ! Motivés, motivés, comme disent les toulousaings. Quand tout est en bas, on laisse les berrichons s’installer et balancer et on va papoter avec les copains qui passent ou qui s’arrêtent. C’est ça que j’aime bien quand on joue à la maison, je peux venir au concert en vélo et on retrouve plein de potes et potesses, dont la fine fleur de l’intelligentsia punk rock du Loiret (Alard H, TNT Punk, Rem sans ses Courbarians, K’rol la Kaliboutcho queen, P’tit Luc …) et quelques exilés (les Pogomarto, venus négocier avec not’ beau Zéric la sortie de leur futur album chez Trauma social (je n’ai pas tout suivi de la discussion, mais je pense que c’est en bonne voie. Ca lui permettra de renflouer le déficit de notre 45 tours. Bien joué Grand Z !). Ab Fab du bonheur et Titou et Madame ont aussi fait le voyage). Malheureusement, ce samedi à l’Astro, il y a aussi la fameuse soirée Bougaloo organisée par les filles de l’Agence Snake Bike, ce qui fait que pas mal de veilles connaissances ont plutôt choisi d’aller twister alors que les conjoints des Snakeuses faisaient baby sitting. On a quand même réussi à rameuter une soixantaine de vauriens de tous âges, ce qui correspond plus ou moins à la contenance de la cave du Metallic.
boite à rythme. Ca fleure bon le Banlieue Rouge du début. C’est simple, bien joué, engagé, bien punk, un peu rock n’ roll, bref, c’est que du bonheur. Le genre de groupe qui te redonne presque espoir dans la jeunesse ! Un peu moins jeune mais tout aussi vigoureux, Vodka Mitch a balancé son rock énervé. Et c’est vraiment ça Vodka Mitch, du rock énervé avec du bon esprit, de la bonne humeur, de la sueur, de la gentillesse … mais énervé quand même. Un set carré et efficace et une reprise de Tokyo Yaki des Wampas en rappel. Finalement, notre tour arrive. L’absence de fumée et un ventilateur salvateur rendent l’atmosphère vivable et c’est tant mieux. On arrive tant bien que mal à tous trouver une place sur la petite scène et on attaque ce dernier pogo à Orléans sur une reprise de Rien n’a changé de la Souris Déglinguée (sorte de cigarette du condamné de Gob). La suite est assez classique, avec quand même les 4 morceaux du 45 tours à venir, dont un massacre en règle de « Ton survet’ ment ». Pour sa dernière, Gob se paie la plupart des présentations de morceaux, dont un moment d’anthologie sur Clémentine Mécanique avec une parabole rhétorique (je crois que ce concept n’existe pas mais je trouve que ça sonne bien) entre Rachida Dati et Stanley Kubrick. Le public est chaud comme la braise et déboule régulièrement de façon aussi approximative qu’imprévue sur scène. C’est chaud pour nos chicos et ça mérite une attention de tous les instants. On arrive quand même à enchaîner, Gob fait son discours d’adieu sur 2 heures moins quart et on a droit à un vrai rappel (« Allez, jouez, bande d’enculés ! ») ce qui nous permet de jouer Julien Lepers (ce qui n’a pas du rajeunir not’ Zéric car il fut un temps où il montrait son fondement à chaque fois qu’on jouait ce morceau dont le refrain scande avec beaucoup de finesse « Allez Julien montre-nous tes fesses, allez Julien montre-nous ton cul !) et les Maudits du rock. Merci bonsoir.
Ensuite ? Et bien, comme d’hab’, on a papoté, rangé et papoté. J’ai laissé Gob aux bons soins de Lolux et du patron du Metallic derrière le rideau de fer vers 3 heures du mat’ et les seules nouvelles que j’ai eu depuis, c’est un mel de Lolux pour demander qu’on aille chercher son siège de batterie au Metallic. J’espère que ce n’était pas une sorte de code bizarre.